Pub Story

Pharrell Williams - Kielhs

Comment Pharrell Williams est devenu une marque incontournable

Pharrell Williams est encensé partout, jusque sur la planète pub réputée si critique. Au Festival de la pub de Cannes cette année, deux Grands Prix* ont récompensé les lancements de « Happy » et de sa collection de jeans pour G-Star. Grâce à un stylisme, des actions et des engagements parfaitement cohérents, il est devenu une marque mondiale totalement incontournable. Il faut dire que le petit prodige de la musique a parfaitement su orchestrer le déploiement de son offre.

Pharrell, c’est une offre musicale indispensable

Et même, un producteur de génie. Le grand public l’a découvert en 2013 avec Get Lucky, Blurred Lines ou Happy, mais depuis le début des années 2000 il collectionne les succès avec son groupe NERD, puis ses collaborations avec Britney Spears, Gwen Stefani, Kanye West, Jay Z, Beyonce ou encore Madonna. Pharrell sait rendre les autres meilleurs. Du coup, on lui pardonne même cette affreuse synchro de Happy sur Fiat, seule fausse note à son parcours publicitaire.

Pharrell, c’est aussi un packaging soigné

Charlie Chaplin, Karl Lagerfeld, Daft Punk… ils sont quelques uns seulement à pouvoir prétendre être identifiés physiquement au même titre qu’un logo. À rebours des tendances dominantes du hip hop, Pharrell Williams affiche une silhouette délicate de dandy hyperactif. Élu Homme le mieux habillé du monde par le magazine Esquire en 2005, il invente un profil unique en arborant son chapeau fétiche The Mountain de Vivienne Westwood, acheté il y a cinq ans. Pharrell est un esthète qui sait s’amuser. Et qui accepte que les autres se moquent de lui allant jusqu’à retweeter les parodies qu’il inspireCapture d’écran 2014-07-01 à 16.46.55

Une fois le soufflet retombé, il n’oublie pas cependant de revendre ledit- chapeau sur Ebay, pour la bagatelle de 44100 dollars. Une bouchée de pain pour Arby’s, l’enseigne de restauration rapide qui n’a pas manqué de communiquer sur cet achat aussitôt via Twitter.

Pharrell c’est une tripotée de produits dérivés

Pharrell est libre, il sait entendre ses désirs et suit ses intuitions. Il aime la mode au point d’avoir créé sa propre marque de vêtements street luxe, Billionaire Boys Club and Ice Cream puis Billionaire Girls Club. Il aime le vélo et possède sa propre marque Brooklyn Machine Works, a signé des collaborations avec Uniqlo (ligne de T-shirts), Moncler (lunettes et doudoune) ou encore Louis Vuitton (bijoux), etc. Il regroupe ses projets, musique comprise, au sein du collectif i am Other via lequel il s’est associé à Bionic Yarn, entreprise qui fabrique des vêtements à partir de plastiques recyclés. Un choix fructueux qui a déjà donné naissance à de nombreuses collaborations avec d’autres marques, G-Star pour la dernière et la plus remarquée, Adidas originals pour l’une des prochaines attendues.

Pharrell, c’est un formidable message publicitaire

Il a bénéficié en 2013 d’un alignement de planètes particulièrement favorable. Mais, non content de nous vendre du bonheur en tubes, Pharrell passe son temps, sur les réseaux, à en distribuer à tour de bras en valorisant et remerciant la terre entière. Il a créé la fondation From One Hand To anOTHER, qui lève 35 M€ pour aider les jeunes à développer leurs talents. Il soutient aussi Collaborative Fund, un fonds qui finance des projets d’économie collaborative. Même les pubs auxquelles il prête son image témoignent de cet état d’esprit, comme Mastercard l’a illustré. Pharrell est reconnaissant et pense aux autres.

Pharell, c’est toute une culture d’entreprise
Une culture qu’il livre entre objets d’édition et galerie d’art, tour à tour auteur et commissaire d’exposition. Dans Pharrell : Places and Spaces I’ve Seen, il témoigne par exemple de ses expériences à travers une série d’interviews dans lequel il évoque ceux qu’il admire, notamment Buzz Aldrin ou Anna Wintour. Tandis que dans les expo qu’il diligente, à Paris comme à Toronto, il donne à voir un peu plus de sa personnalité. Il dévoile son âme d’enfant dans This is not a toy au musée Design Exchange, et sa passion pour les femmes dans l’exposition G I R L présentée le mois dernier à la galerie Perrotin, offrant au passage une belle caisse de résonance à son album du même nom. Bref, Pharrell est un sacré story teller.

* Un Grand Prix pour le dispositif de lancement de Happy par Iconoclast avec Anonymous en Cyber Lions (catégorie internet), et un Grand Prix dans la catégorie design produit pour le lancement de sa collection de jeans pour G-Star : Raw for the Ocean.